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14.04.2006. Metal Therapy Festival, Amnéville, France 2006

METAL THERAPY 2006 - le 15 Mars 2006- le Galaxie - Amnéville
par la sublimissime Audrey Dujardin publication le 21-04-2006 1387 affichages

Le Metal Therapy Festival d’Amnéville commençait à 11H00 et se termina à 2h00 du matin environ. N’ayant pas pu assister aux deux premières éditions de ce festival, il y avait donc à ce niveau-ci une lacune à combler, avec une très belle deuxième partie d’affiche pour l’occasion. En effet, le festival commence relativement tranquillement sur les coups de 11 h, avec des groupes assez peu réputés et de qualité variable : dans l’ordre chronologique, INHATRED, THE ARRS, MANIMAL et SCAR SYMMETRY. Ce dernier s’avère même carrément médiocre sur scène avec un batteur plus que limite et un chanteur qui sonne tout simplement faux, n’ayons pas peur de le dire…

Ca va un peu mieux par la suite avec les ONE MAN ARMY AND THE UNDEAD QUARTET qui prennent la place et nous délivrent ce qu’ils appellent du death metal mais ce que moi j’appelle du thrash metal… Ce problème de dénomination mis à part, ça riffe et les morceaux passent bien. Le groupe n’est pas ridicule sur scène malgré le look du chanteur qui laisse penser plutôt à Gaz Coombes de SUPERGRASS et ses rouflaquettes, ce qui, convenez en, n’est pas forcément très metal…

Il est maintenant 14h20 , l’heure d’accueillir le groupe de cette première moitié d’affiche a priori le plus intéressant, les BLOCKHEADS. Cela faisait un petit moment que je n’avais plus de nouvelles des français et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont toujours la foi et le feu sacré. Une énergie débordante et une très bonne prestation scénique. Je pense pouvoir affirmer sans trop de risque de me tromper que l’inspiration à la fois musicale et comportementale vient très clairement de NAPALM DEATH. Le délire est poussé pour Xavier, le chanteur, jusqu’à effectuer les mêmes allers-retours que Barney en courant sur scène, équipé apparemment à chaque représentation de la même genouillère (je ne pense donc pas qu’il s’agisse d’un grave problème de santé…). A part ce mimétisme un peu exagéré, on baigne bien là dans le pur grindcore, à la frontière séparant le death metal du punk et force est de reconnaître que BLOCKHEADS sera l’un des groupes les plus efficaces de la journée ! Le set se termine d’ailleurs par une excellente reprise de From Enslavement to Obliteration, très fidèle dans l’esprit…

Juste après, à 15h15, on assiste à un changement de style radical puisque c’est THE OLD DEAD TREE qui est programmé. On peut alors gagner les gradins car je ne vois pas trop l’intérêt de rester dans le pit pour ce groupe-là. Autant essayer de s’imprégner de l’esprit, confortablement assis avec une bonne bière à la main. Les musiciens entrent en scène sur le thème de On ne change pas de Céline DION (désolé les gars si ça fait pas true mais votre intro, c’est Céline !) et bon… le son est très soigné et très propre, les compos très variées, certains passages plaisants. En fait, musicalement, ça rappelle beaucoup un groupe totalement tombé dans l’oubli qui répond au nom de IN THE WOODS. Ceci dit, je préférais largement ce dernier. Toutefois, il y a manifestement énormément de boulot derrière et rien que pour ça : respect ! Même si THE OLD DEAD TREE se prend quand même un tantinet au sérieux notamment avec des thèmes type pseudo-« intellectuel gothique dark », si vous voyez ce que je veux dire et il faudrait faire gaffe de ne pas trop en faire les gars, sous peine de tomber dans le Jean-Claude Vandamme (celui-ci a d’ailleurs une théorie sur le concept que vous abordez dans votre dernier album : The perpetual motion). Cela dit, THE OLD DEAD TREE est tout de même le meilleur chant clair de la soirée…

Encore une drôle de transition avec, à 16 h 15, les anglais de SIKTH. Inconnus au bataillon pour une large frange du public français ici présent, SIKTH donne dans une musique à connotation très franchement progressive mais à la sauce hardcore / death metal. On est assez proche dans l’esprit, de ce que peut faire DILLINGER ESCAPE PLAN par exemple. Le soucis, c’est que c’est beaucoup moins bien fait. Bon, techniquement, ça tient à peu près la route mais les compositions souffrent d’un total manque de sens, ce qui met totalement en question la légitimité du groupe. SIKTH présente de plus la particularité de compter deux chanteurs, Mikee W. Goodman et Justin Hill, qui me laissent eux aussi très dubitatifs : pas du tout exceptionnels dans un contexte agressif et les parties claires frôlent de très près la catastrophe scénique ! Un chant clair vraiment faux, à se demander si les retours de chant étaient branchés !

On arrive maintenant à la mise en bouche du gros morceau du festival, assurée par la paire française qui marche très bien en ce moment : DAGOBA, puis GOJIRA qui joueront 45-50 min chacun. DAGOBA nous récite sa formule à base de metal « contemporain » (metalcore comme dirait l’autre…) trop teenager à mon goût mais bon, force est de constater que ça plaît et puis, même pour les plus distants, il faut reconnaître que l’énergie est au rendez-vous et que l’occupation de la scène est très correcte. Au final, un set assez pro avec une mention spéciale pour la braguette très largement ouverte de Shawter au chant (quel effet est-censé apporter ?). Visiblement, c’est fait exprès pour qu’on en parle…

GOJIRA prend alors la relève avec son metal teinté d’indus à la FEAR FACTORY avec une touche un peu plus extrême. Bon, GOJIRA, c’est comme d’habitude très propre musicalement, très bien exécuté mais voilà le problème, c’est le « comme d’habitude ». C’est sans surprise aucune et je vous confie volontiers que la GOJIRA mania me gonfle quand même sur les bords. Ils sont tous très doués (surtout Mario derrière les fûts d’ailleurs) mais je trouve certaines transitions peu naturelles et voilà : en gros, je n’arrive pas à rentrer dans le truc. Je me suis même presque surpris à m’assoupir dans le sièges très confortables des gardins (ils étaient bien, ces gradins !).











On commence à arriver à présent dans les groupes vraiment intéressants à mon goût. A 19 h 35, AMORPHIS monte sur scène devant un public quelque peu clairsemé cependant. Etrangement, on passe à un kit de batterie ne comportant qu’une seule grosse caisse. Ca fait d’autant plus plaisir de voir AMORPHIS que le groupe s’est globalement peu produit live en Europe occidentale en tout cas. De plus, les Finlandais vont nous servir une interprétation délicieuse et presque onirique de morceaux déjà excellents sur CD, à l’image de In The Beginning qui est une de mes morceaux préférés d’AMORPHIS. Les mélodies sont toujours aussi envoûtantes : AMORPHIS nous fait passer un pur moment de bonheur et de paix intérieure. Manquait simplement au programme My Kantele… La prochaine fois avec un peu de chance ! Une mention toute particulière pour le nouveau chanteur, qui, en plus d’être magnifique et d’arborer de jolies dreadlocks d’un mètre a été un excellent chanteur faisant preuve d’une réelle maîtrise de la scène.






On monte en puissance avec SOILWORK programmé à 20 h 40. Le groupe arrive sur scène. La bonne surprise de la soirée : Dirk Verbeuren est de la partie derrière les fûts. On se sait jamais a priori, avec SOILWORK, étant donné que Dirk est simplement batteur de session pour les suédois… D’ailleurs, les potes de SCARVE sont dans la salle. La prestation de SOILWORK est très entraînante, peut-être encore meilleure qu’au Fury fest l’année passée. Dirk nous fait admirer son jeu très massif et ses placements de grosse caisse chirurgicaux : on comprend pourquoi il est l’un des batteurs référence dans le metal français d’aujourd’hui. SOILWORK, c’est musicalement irréprochable et on voit là la différence entre l’original et la contrefaçon lorsque l’on compare avec SCAR SYMMETRY et cie. Le show atteint son apogée avec l’interprétation des tubes du groupes comme Stabbing the Drama ou encore Nerve, issus du dernier album. Le jeu de scène y est aussi, notamment avec les simagrées du bassiste Ola Flink qui semble carburer à de drôles de substances si l’on juge de par son comportement…

Après un petite heure de show, SOILWORK laisse la place à ses compatriotes de HYPOCRISY. Le groupe entre en scène sur le très accrocheur Let the knife do the talking. Pour les avoir vus il y a seulement quelques mois, je peux dire que les principaux atouts d’HYPOCRISY réside peut-être dans sa discographie monstrueuse (et ô combien de qualité !) et dans le nombre de titres qu’ils sont capables de jouer live. Et non, les deux notions ne sont pas confondues. Regardez donc NAPALM DEATH et son impressionnant background : le fait est que pour la scène, ils se cantonnent à un programme bien établi comprenant toujours les mêmes morceaux. Avec HYPOCRISY, il n’en est rien et je ne pense pas beaucoup me tromper en disant que la quasi-majorité des morceaux qu’HYPOCRISY a joués ce soir-là ne figuraient sur leur play list lors de leur concert lyonnais de décembre dernier. Quel bonheur donc de voir interprétés, pêle-mêle, les Osculum Obscenum, The Fourth Dimension, Killing art (and kicking ass !!), ou encore Burn Dead Buried Alive. HYPOCRISY joue une bonne heure. Le public se prend au jeu quasi-unanimement et le groupe aussi. On assiste au premier rappel de la soirée : le groupe est manifestement ravi et ce set de haute volée (encore une fois avec HYPOCRISY) se termine assez classiquement avec un France 47 (version de Roswell 47 rebaptisée pour l’occasion bien entendue…).

On approche maintenant de la fin de soirée avec la performance de MAYHEM. Attila est de retour au chant. Et cela se ressent ce soir. Le set est très surprenant, et particulièrement malsain, que ce soit avec les grognements gutturaux d’Attila ou en raison d’une interprétation des grands classiques de MAYHEM à un tempo pris plus bas. Ainsi, Ancient Skin, Fall of Seraphs, Freezing Moon, et autres Deathcrush nous plonge dans un univers complètement noir et oppressant. C’est de loin le set le plus original de la soirée. MAYHEM ne pourra néanmoins s’efforcer de tout lâcher lorsque Blasphemer apprend qu’il ne reste que 5 minutes de scène pour ce soir. Dès lors, déluge de cymbales : c’est l’apocalypse sur scène ! Mais c’est aussi pour cela qu’on aime tant MAYHEM. En tout cas, un grand bravo aux Norvégiens pour cette prestation hors pair !!







C’est donc MOONSPELL qui est alors chargé de clore la soirée. Les Portugais sont vraiment arrivés au dernier moment, apparemment retardés par Easy Jet, ce qui vaudra à la compagnie quelques mots de Fernando (chant) sur scène, lequel est d’ailleurs très bavard ce soir. Malgré ces conditions délicates, MOONSPELL assure l’essentiel ce soir, devant une assistance visiblement éreintée par maintenant plus de 12 h ininterrompues de festival. Le son est très bon. Les Portugais interprètent avec brio nombre de leurs meilleurs titres, à l’instar de Opium, Mephisto ou encore In and above men.

En gros, MOONSPELL finit donc tranquillement cette longue journée et c’est le sentiment du devoir métallique accompli que chacun quitte la très belle salle du Galaxie ce soir… Je ne peux toutefois conclure sans féliciter les organisateurs du festival (Evolution Prod) au nom du public et des groupes pour le parfait travail accompli et le bon déroulement des opérations dans le respect de chacun : les vertus dont vous avez fait preuve sont rares (je sais de quoi je parle !) et croyez qu’elles sont appréciées à leur juste valeur. Merci et rendez-vous pris l’année prochaine !

 

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